CineCulte

Le blog du cinéma où sont référencés les films qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie avant de mourir !!

Blog dédié à tous les fans du 7ème art et à ceux qui veulent le découvrir ...
Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 12:21
Résumé :

Splendeurs et misères de Bud Fox, jeune loup d'une banque d'affaires de Wall Street, qui réussit à séduire un investisseur, Gordon Gekko. Ce dernier lui explique que l'avarice et l'ambition sont les premières vertus s'il veut réussir dans le milieu de la finance.

Réalisateur : Oliver Stone

Avec Michael Douglas, Martin Sheen, Charlie Sheen, ...

Année : 1987
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Durée : 2h02


Critique :

Oliver Stone signe avec Wall Street une oeuvre qui lui vaudra bien de mauvais regards, spécialiste des films qui dérangent, il a su se faire un nom à Hollywood, il débuta en tant que réalisateur en 1974 avec « Seijure », film d’horreur, genre qu’on ne lui verra qu’une seule fois, puis il réalise en 1981 « The hand » une mise en lumière de la pauvreté aux Etats-Unis, mais son accession au statut de maître du 7ème art viendra grâce au fulgurant Platoon sorti en 1986, film portant sa vision de cette terrible tragédie humaine au Viêt-nam dans une Amérique qui peine à en faire le deuil (à noter que la même année il réalisa Salvador) et en 1987, il choque de nouveau en s’attaquant au monde de la finance américaine avec WALL STREET.    

Oliver Stone nous propose un voyage dans un univers obscur où le bien et le mal s’affrontent sans relâchent, ou au final, l’argent en ressort toujours vainqueur.
Le film nous permet de pénétrer dans cette bulle imperméable, on y plonge dans la vie d’un jeune golden boy New-Yorkais, Bud fox (interprété par Charlie Sheen), jeune et ambitieux courtier en assurance.

Le film se décompose en 2 parties reliées par un maître mot : l’argent.
-    une première partie qui, classiquement, s’attache à mettre le décor en place, on y découvre ce qu’on pourrait appeler la façade du monde de la finance. Le lieu d’action du film est très intéressant pour que l’on s’y attarde : qu’elle ville peut mieux incarner l’économie dans son ensemble que New York, ville de tous les excès, y compris dans la finance. L’action se déroule plus précisément à Wall Street célèbre rue, petite par sa taille, contrastant avec l’immense brassage d’argent qui régit l’économie mondiale, rue se trouvant au cœur du quartier financier, dans le sud de Mannathan, réputé pour l’immensité de ses « towers ». Les prises du vue en contre plongé de ce quartier et de ses gattes-ciel accentue l’idée de puissance, Oliver Stone relie en effet les prises de vue accentuant l’immensité des bâtiments avec la gigantesque masse financière, tous deux à la fois si puissante et si fragile.
Dans cette partie, le film installe le personnage central :  un jeune golden boy en quête du « grand coup », qui lui permettra de se faire connaître et peut-être pénétrer le monde de l’élite, monde incarné par Gordon Gekko (interprété par Michael Douglas), roi de la finance ayant une grande influence dans les hautes sphères  politique et économique du pays.
 On y retrouve donc un schéma scénaristique bien connu du cinéma : le maître enseignant son art à son jeune loup.

-    Une seconde partie portant à l’écran la suite logique : « le loup, impétueux, voulant dépasser le maître », mais le film n’en demeure pas moins intéressant car Oliver Stone ne se contente pas d’établir l’intrique selon un modèle préconçu et stéréotypé, il va au-delà, il décortique la mécanique financière, les moindres rouages pour arriver au final à l’ultime vérité, l’envers du décor : le succès ne vaut que si son adversaire est écrasé et humilié, et pour arriver à cet état d’esprit, tous les moyens sont adoptés pour un seul but : être le maître absolu.

 L’univers de la finance y est montré sous son aspect le plus dur, une cruauté qui dérange car elle est la vérité de ce monde. Oliver Stone ne s’arrête pas sur ce constat amer mais essaie d’entrevoir la possibilité d’un monde meilleur mais pour lui, la soif de pouvoir de l’Homme est tel que c’est au plus profond de l’âme humaine que l’Homme doit changer.

Quand en 1987, sort Wall Street, Oliver Stone crée l’évènement et suscite la contreverse (tous comme la sorti de JFK 4 ans plutard), sorti peu après la crise boursière d'octobre 1987, le film apparut comme prophétique et s’inspira de la vie de ces Golden boy et faits réels tel le " scandale des initiés " de 1986. Parmi les financiers coupables d'avoir utilisé à des fins personnelles des informations confidentielles se trouvaient des agents de change comme David Brown ou Dennis Levine (modèles de Bud Fox), Des banquiers comme Marty Siegel et des " raiders " comme Ivan Goesky ou Carl Icahn ont aussi inspiré divers épisodes du film.

En 1988, Michael Douglas remporta l'Oscar du Meilleur Acteur, pour son interprétation du rôle de Gordon Gekko.

Oliver Stone dédia WALL STREET à la mémoire de son père agent de change de la vieille école, décédé en 1985.
Par Joda80 - Publié dans : Ciné Comptemporain
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